Accueil / Pourquoi surveiller les maladies de la faune sauvage ?


Publié le 02 novembre 2020

D’après l’OMS*, 70% des agents pathogènes ont des réservoirs animaux notamment la faune sauvage. Ce qui explique pourquoi la surveillance de la faune sauvage est devenue un véritable enjeu de santé publique ces dernières années. Qui se charge de surveiller les maladies infectieuses en milieu naturel ? Pourquoi et comment ? Le point avec Florence Baurier, vétérinaire et directrice TERANA CHER.

Qui surveille la faune sauvage et pourquoi ?

En France, l’Office Français de la Biodiversité (OFB) effectue une épidémio-surveillance des maladies de la faune sauvage au travers du réseau SAGIR (Surveiller pour Agir), créé en 1986. Objectif : surveiller l’état de santé des animaux sauvages (oiseaux et mammifères) pour mieux anticiper les risques sanitaires.

« Les maladies infectieuses en faune sauvage constituent une réelle menace pour la santé publique, l’environnement mais aussi pour l’économie. En cas de contaminations des animaux de rente, ces maladies peuvent provoquer des pertes économiques considérables pour les éleveurs », explique Florence Baurier, directrice TERANA CHER.

Cette surveillance de la faune sauvage mobilise plusieurs acteurs notamment les Fédérations des chasseurs, l’Office français de la biodiversité ainsi que les laboratoires vétérinaires départementaux.

Comment surveiller les maladies infectieuses en milieu sauvage ?

Contrairement aux animaux domestiques et d’élevage, surveiller l’état de santé des animaux sauvages n’est pas simple. « Pour contrôler les virus qui circulent dans la faune, nous analysons les mortalités suspectes d’animaux sauvages comme des morts inexpliquées ou groupées. »

Lors d’une mort suspecte, l’alerte est souvent donnée par la Fédération de la chasse locale (ou les services départementaux de l’OFB) qui transmet le cadavre aux laboratoires départementaux pour autopsie et analyses complémentaires.

« En laboratoire, nous allons identifier les facteurs de mortalité si l’état de décomposition du cadavre le permet. Nous enregistrons ensuite les résultats d’analyses dans une base de données nationale qui permet à l’OFB d’identifier les risques éventuels et lancer, si besoin, une alerte au niveau départemental, régional ou national. », ajoute Florence Baurier, directrice TERANA CHER.

TERANA, acteur engagé dans la surveillance de la faune sauvage

Sangliers, chevreuils, lapins, oiseaux… Plus de 150 animaux de la faune sauvage sont autopsiés chaque année au sein des cinq laboratoires TERANA.

« Quand on accueille le cadavre d’un animal pour autopsie, on doit suivre un protocole strict pour éviter tout risque de contamination dans l’environnement car certains virus sont transmissibles à l’Homme et aux animaux domestiques. Au cours de l’examen post-mortem, nous identifions les lésions principales et réalisons si nécessaire des analyses complémentaires pour déterminer les causes de la mort de l’animal. Nous établissons, ce que l’on appelle dans notre jargon, le processus pathologique principal avec un indice de confiance qui permet de classifier le niveau de certitude de notre diagnostic. », explique Florence Baurier en charge des autopsies faune sauvage à TERANA CHER.


Quelles maladies de la faune sauvage surveille-t-on particulièrement ?

Peste porcine africaine

L’alerte a été donnée par le réseau SAGIR fin 2018. Cette maladie, qui touche les porcs (sangliers et cochons d’élevage), progresse dans l’Est de l’Europe notamment en Belgique, Allemagne, Roumanie ou encore en Ukraine. « À ce jour, la France n’a identifié aucun cas de peste porcine africaine sur son territoire. Pour conserver ce statut, il faut rester vigilant car les pays voisins sont particulièrement touchés. Ce virus n’est pas transmissible à l’Homme mais il est extrêmement mortel pour les porcs et peut causer de grosses pertes économiques pour les éleveurs de cochons. ».

Influenza aviaire

Le virus peut prendre une forme « hautement pathogène » qui affecte particulièrement les oiseaux d’eau migrateurs tels que les cygnes, les échassiers (hérons…) et certains rapaces. « Si l’on retrouve des morts groupées d’oiseaux, nous allons tout de suite analyser les cadavres pour vérifier les causes. Dans le sud-ouest par exemple, des milliers de canards d’élevage ont été abattus car des foyers de la maladie avaient été détectés. »

*OMS : Organisation Mondiale de la Santé

 

Publié le 12 juin 2020

La peau se plisse et s’épaissit, l’animal peine à marcher… La besnoitiose a frappé. Connue depuis l’époque romaine, cette maladie du bovin était en voie d’extinction en France. Elle revient en force ces dernières années. Quand la suspecter ? Que faire en cas de contamination ?

La besnoitiose : comment se transmet-elle ?

La besnoitiose, également appelée « maladie de la peau d’éléphant » touche particulièrement les bovins, de tout âge, sexe ou race, avec une prédisposition pour ceux dont l’âge se situe entre 1 et 4 ans.

« Cette maladie, aux symptômes impressionnants après quelques mois d’évolution, est due au parasite Besnoitia besnoiti, transmis via des piqûres de mouches piqueuses ou de taons. », explique Hélène Roques, responsable du service santé animale de TERANA Puy-de-Dôme.

Besnoitiose : quels sont les symptômes ?

La besnoitiose procède en trois phases d’intensité croissante, avec des symptômes bien particuliers à chaque étape :

• Phase 1
Durée : 3 à 10 jours
Symptômes : forte fièvre (40-42°), perte d’appétit, les yeux pleurent, le nez coule, la peau est chaude et douloureuse.

• Phase 2
Durée : 1 à 3 semaines
Symptômes : le déplacement devient difficile pour le bovin, on retrouve des œdèmes à la tête, aux extrémités des membres…

• Phase 3
Durée : plusieurs mois
Symptômes : kystes sur le blanc de l’œil, la peau se plisse et s’épaissit, les poils tombent, des crevasses apparaissent au niveau des articulations…

Cette maladie est d’évolution mortelle pour le bovin, et peut entraîner une stérilité chez les taureaux.

La France, nouveau foyer de besnoitiose ?

La besnoitiose était une maladie connue dans le sud de l’Europe (notamment au Portugal et en Espagne). Elle semblait vouée à l’extinction en France dans les années 1970’. Cependant, depuis 1995, la maladie réapparait dans le sud de la France. Année après année, la maladie gagne du terrain et remonte vers le nord. On trouve aujourd’hui des cas dans les 2/3 du territoire national.

Quels sont les risques pour les élevages ?

« Outre la mortalité des bêtes, les plus grosses conséquences pour les exploitations sont économiques : réforme des animaux infectés et achat de nouveaux bovins, coûts des traitements, des euthanasies, pertes de performance à la reproduction… La durée d’engraissement d’une bête malade est plus longue et l’issue est incertaine. Le coût en travail humain supplémentaire est également en hausse (soin du bovin, surveillance…). », poursuit Hélène Roques.

 

Peut-on traiter la besnoitiose ?

Un traitement existe. Cependant, il n’est utile que s’il est appliqué très précocement après la contamination. La guérison ne s’avère toutefois que partielle : au mieux les signes cliniques régressent mais le bovin restera généralement porteur du parasite.

En cas de bovins infectés, il convient de :
Limiter les contacts entre les animaux sains et les animaux contaminés
Évaluer avec son vétérinaire quels sont les animaux à réformer en priorité
Contrôler les animaux avant achat
Limiter la prolifération des insectes piqueurs
Utiliser des aiguilles à usage unique

TERANA prévient des risques d’épidémies animales

Le laboratoire TERANA réalise des diagnostics et des dépistages en santé animale toute l’année. En 2018, les agents TERANA ont effectué plus de 10 000 analyses de besnoitiose. En lien direct avec les vétérinaires, les éleveurs et les GDS, le laboratoire TERANA aide au diagnostic de la maladie, qui, détectée à temps, peut être gérée afin de limiter les pertes financières importantes pour les professionnels de l’élevage.

© 2016 - Terana
Mentions légales
Plans et coordonnées
Conception : Vice Versa

CANTAL
CHER
LOIRE
HAUTE-LOIRE
NIEVRE
PUY-DE-DÔME
RHÔNE

tranyraw.com